C#2 ; La Page Blanche

Assise dans le fond de mon canapé, je frappe sur le bord de mon ordinateur en fixant le mur blanc en face de moi. J’attends. J’attends qu’il se passe quelque chose, qu’une brise légère vienne aérer mon cerveau pour pouvoir écrire quelques lignes. J’ai commencé ce blog il y a quelques mois, persuadée que ça allait m’aider à m’échapper un peu de la réalité – mais personne ne m’a jamais dit qu’il existait le syndrome de la page blanche même pour les blogueuses. Parler de soi ne devrait pourtant pas être si difficile, si ? Apparemment, SI. Et que faire dans ces moments-là ? Tout abandonner ? Tout laisser tomber ? Je me découvre un nouveau défaut, souhaitant constamment que tout soit parfait et n’étant donc jamais satisfaite. J’attrape mon septième thé de la journée, je le termine d’une traite et j’abandonne de nouveau. Je laisse l’ordinateur et les lecteurs pourrir dans un coin de ma tête en espérant que très vite, je trouverai de nouvelles idées et de nouvelles envies.

Je ne le cache pas, le bordel ambiant dans lequel est ma vie en ce moment ne m’aide certainement pas à y voir plus clair. Il y a quelques semaines, j’ai décidé de quitter mon quartier parisien préféré pour aller vivre en banlieue. Toutes les excuses sont bonnes (plus grand, moins cher, plus près du boulot, plus agréable, plus ensoleillé, plus près de la piscine, moins bruyant …) mais aucune ne semble convenir à mon esprit et mon estomac qui stressent tous les deux sur ce changement. J’aime mes habitudes, j’aime Paris et ses rues agitées. Que vais-je alors devenir dans une banlieue proche, de l’autre côté du périphérique ? Je suis persuadée que ça joue sur ces lignes que je n’arrive plus à écrire, sur cette motivation qui ne vient plus et qui me laisse là, perdue sur mon canapé à boire le sixième thé froid de la journée.

Et ce que je sais aussi, c’est qu’il ne me faudra pas beaucoup de temps pour trouver de nouvelles occupations pour arrêter la peur ; emménager, changer la décoration, prendre des verres au soleil en face de la fondation Louis Vuitton, rentrer plus tôt, partir plus tard, découvrir de nouvelles livraisons deliveroo et même jardiner. Cette page blanche est passagère, chargée par le temps que ça prend de mettre deux ans de vie à Paris dans un carton trop petit. Elle finira par s’essouffler jusqu’à la prochaine opportunité de faire ruminer mon esprit.

Et vous savez quoi ? Rien que le fait d’écrire ces lignes me donne des idées pour la suite.

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Âme curieuse et téméraire, prête à tout pour satisfaire sa curiosité et son incapacité à rester sur terre. Des mains pâtissières, un esprit imaginaire et des milliers d'idées à sortir sur la sphère.

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