Des histoires de meufs, #1.

On n’en parle pas assez, de nos vérités. On se les raconte pendant des heures entre nous (en petit comité, en choisissant bien son audience), mais on ne va jamais jusqu’à l’avouer en public, encore moins l’écrire sur un blog. Mais je change les codes, j’en ai envie. Je lance une chronique sur nos histoires de meufs, pour parler ouvertement de tout ce qu’on n’ose pas dire, pour qu’on se reconnaisse, qu’on s’appelle, qu’on se fasse une bouffe, qu’on prenne dix shots. Qu’on le vive ensemble bon sang, et à fond !

CHAPITRE UN — la bonne dose de loose.

Il existe un phénomène incroyable (pas vraiment dans le bon sens du terme) qui agit sans aucune exception après une séparation (qu’elle soit voulue, ou non). C’est automatique, inévitable, involontaire et parfaitement insupportable. Ce n’est autre que cette bonne grosse dose de loose qui suit la rupture. Elle se matérialise sous plein d’aspects, sans qu’aucun ne nous plaise vraiment. Il est impossible de l’éviter, sous peine de se retrouver avec une bien plus grosse loose. Et c’est (bon pas que, certes, mais quand même) pour ça que pendant le mois qui suit l’événement tragique, on a l’impression que la terre entière nous en veut et nous fait payer la moindre erreur, le moindre faux-pas, la moindre bafouille de travers. Certaines diront que c’est le karma, d’autres diront que la loose attire la loose … Moi, je dirai que ce n’est qu’une phase à traverser tout comme on traverse les cinq autres phases du deuil (Summer les cite si bien : le déni, la colère, la tristesse, la nostalgie, l’acceptation) mais qu’on oublie juste de nous le dire (comme par hasard) pour éviter la démoralisation immédiate. Et en même temps, il y a de quoi mentir parce qu’enchaîner un mois de loose, c’est sacrément long.

Ce mois-là, je l’ai vécu. Et c’est pas si vieux. Septembre 2018 (à prononcer d’un air grave et tragique). Récente rupture, déménagement à prévoir, reprise du boulot, garde partagée du chat et surtout, surtout, hors de question de croiser l’autre être humain concerné. Et c’est donc là qu’à commencer ce bon gros mois de loose. Première semaine dans le nouvel appartement au sixième étage : ascenseur en panne (pendant le déménagement sinon c’est pas drôle), accident de voiture sur le chemin – cette si belle Citroën bien amochée (heureusement qu’elle est de la même couleur que le chatterton qui lui tient le par-choc) et ballon d’eau chaude qui claque. Obligée de prendre des douches froides, pile quand la météo a décidé de descendre en dessous des normales de saison (j’aurai tué la nana d’m6 à le répéter tous les jours). Le gnome des objets-qui-disparaissent (ne me dîtes pas que vous ne le connaissez pas et qu’il n’a pas maintes et maintes fois volé votre gomme) a réapparu depuis mon enfance, pour un mois complet. Il s’y est donné à cœur joie le saligot : produits de beauté, fringues, livres … Je perdais une chose par jour … Sans eau chaude pendant une semaine et températures bien basses : j’ai forcément attrapé la crève la semaine qui a suivi. Impossible de retrouver ma carte vitale, volée par le gnome. Impossible d’avoir les bons médicaments en temps et en heure, cette crève m’a semblé éternelle. Genou en vrac pendant un cours de sport, je ne pouvais même pas me vider la tête. Clouée au lit, avec mon chagrin et mes loose. Je vous épargne tout ce que j’ai cassé (maladresse sur-développée), tout ce qui avait décidé de ne plus fonctionner (comme les chargeurs d’ordi) mais aussi tout ce que j’ai oublié en partant, m’obligeant à remonter mes six étages à pieds … Ou le nombre de phalanges que je me suis coupée. Ce serait bien trop long de tout vous citer.

L’important, c’est que vous le compreniez et que vous l’entendiez : c’est normal d’enchaîner les loose, c’est normal d’avoir l’impression que ça n’ira jamais mieux. Et surtout, promis juré craché ça s’arrange. Comme ça, d’un coup. Un matin on retrouve le rouge à lèvre tant cherché, le chat vient faire des câlins alors qu’il faisait la gueule et le rhume s’est envolé. Comme ça, du jour au lendemain, ça va mieux.

Bon bien sûr, ne vous emballez pas, le chagrin est toujours là et on a soudain beaucoup plus le temps d’y penser. C’est juste légèrement moins pénible de le vivre avec toutes ses affaires  au bon endroit et de l’eau chaude en se levant le matin.

Si ça vous a plu, rendez-vous bientôt pour le chapitre deux. 

 

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7 réflexions sur “Des histoires de meufs, #1.

  1. Hello
    Ou8 je crois qu’il y a des événements dans la vie d’une être humain qui n ai pas facile. Et le chagrin en fait partie, comme tu le dis si bien c’est souvent l’acceptation de la situation qui nois permet d’avancer et d’entrevoir un avenir

    Aimé par 1 personne

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