Des Histoires de Meufs, #4.

CHAPITRE QUATRE — la vieillesse.

Je pense que d’une certaine façon, j’ai cru jusqu’au bout que j’allais y échapper. Perdue entre la fin de l’école de commerce, le début de la vie active et ce petit retour à zéro du début de l’année, j’ai vraiment cru que les années s’étaient arrêtées depuis mes vingt-cinq ans (ce que je réponds encore lorsqu’on me demande mon age, d’ailleurs).

Mais depuis une semaine, j’ai le malheur de l’avouer, je vois et je sens que je vieillis.

Je vais sur mes vingt-huit ans. Jusque là, rien d’affolant. Mais lorsqu’on se rend compte que seulement deux années plus tard, c’est un nouveau chiffre qui s’affiche en premier ; ça fait tout de suite bien plus flippé. On m’avait un peu prévenue ; « fais pas trop la maligne, tu verras, d’un coup ça va te tomber dessus ! »  Je répondais par un grand sourire avant de reprendre une caïpi. Aujourd’hui pour limiter les dégâts, c’est entre deux verres d’eau que je prends ce verre d’alcool.
Oui. Oui ça vaaaaaa, ça m’est bien et bien tombé dessus d’un coup ! Et ça fait bien mal !

C’était une belle semaine d’été, avec 40° dans Paris, j’enchaînais les soirées pour fêter la fin de l’année et le début de l’été. Je sortais tous les soirs. Alcool, petits fours, goûter, petits déjeuner, nuits agitées et une chaleur étouffante. Il a fallu vingt-quatre heures seulement à mon corps, pour comprendre que ça n’allait pas être aussi facile que lorsque j’enchaînais trois open-bar à la suite. Je me suis sentie gonfler, j’avais mal au crâne, j’avais les jambes lourdes et j’avais qu’une seule envie ; me caler dans mon canapé et manger des haricots verts à l’eau.
Des haricots verts.
à l’eau.
(je le répète pour m’en rendre compte).

Mon cerveau a donc fait une première association à la vieillesse. Il s’est mis en action pour prouver son point, comme si sa vie en dépendait. Un soir en rentrant, je me suis approché du miroir après m’être démaquillée et j’ai trouvé le premier problème. Les rides au bout des yeux. Je me suis approchée encore, et j’en ai trouvé d’autres. Et c’est là qu’à commencer l’inspection totale jusqu’à finir en boule venant le ventilateur en espérant retourner cinq ans plus tôt.

Alors je vous rassure, je ne suis pas déprimée et même pas vraiment triste. J’ai juste envie d’arrêter le temps (ou de gagner au loto pour me payer du botox) et donc, de continuer de dire sans faire exprès que j’ai vingt-cinq ans et qu’on me croit éternellement.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s